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 le Délimonage ou chômage

 Le chômage se faisait en Mars et en Octobre. L'entreprise travaillait nuit et jour avec deux équipes, une de jour et l'autre de nuit. L'eau était coupée le lundi à 0 h et remise le vendredi 8 h.

Jusque dans les années 1980 environ, des wagonnets circulaient sur la berge du canal pour alimenter le chantier. Après les années 80, le béton était projeté avec des canons à béton montés sur des camions surnommés les gazelles et le chantier durait deux semaines. Le travail ne s'effectuait que le jour avec une remise en eau du vendredi 7 h au lundi 0 h.

   Afin de faciliter l'enlèvement de 10 à 15 000 m3 de boues déposées par les 300 millions de m3 d'eau qui traversent le bassin de Saint Christophe, il a été construit, chaque année, des rigoles en maçonnerie aboutissant dans le collecteur construit sur l'emplacement du ravin qui amenait les eaux de Rognes à la Durance. La largeur  des grandes rigoles restangulaires est de 5 m 50. Les petites sections trapézoidales mesurent 1 m 50 au radier et 3 m délimonageau sommet. Les murs qui séparent les rigoles sont surmontés d'une couche de terre fortement damée en forme de remblais, à très forte pente obligeant la vase qui s'y dépose à descendre dans les rigoles. Les ouvrages portent le nom de cavaliers.

Pour dévaser le bassin on opère de la manière suivante :

On supprime d'abord l'arrivée des eaux au bassin en fermant le canal introducteur. L'une des branches du canal de ceinture sert de passage aux eaux du canal tandis que l'autre, fermée en aval seulement est employée au nettoiement des rigoles. Les fonctions sont alternativement remplies par les deux branches du canal de ceinture pendant une semaine de nettoiement .

On vide complètement le bassin à l'aide de vannes de fond situées sous le mur du barrage au droit du collecteur et donnant accès dans le canal évacuateur à la Durance.IMG 008

A chaque rigole de nettoiement se trouvent 5 ou 6 vannettes. L'ouverture de ces dernières permet de précipiter un volume de 2000 litres seconde dans chaque rigole. Ce torrent d'eau emporte d'abord les vases déposées en tête de la rigole puis creuse un sillon dans les parties de rigole où la couche de vase est également emportée vers le collecteur. 

Si, dans les rigoles à grande déclivité le dévasement peut s'opérer par la seule force du courant d'eau, il n'en est pas de même dans les grandes rigoles à faible pente.

Initialement, les travaux de dévasement pratiqués à la main duraient un mois. Avec l'utilisation des  motos pompes et des lances, ils furent ramenés à quinze jours. Aujourd'hui, grâce aux engins mécaniques ils durent une semaine.

le bassin de décantation de Saint-Christophe offre à ce moment là, un étrange aspect. On l’a lentement vidé entre st-christophe02.02.2012le 1er et le 4 Octobre et, à cet instant, à la place du lac paisible et miroitant entre les pins, cette énorme cuvette de vingt hectares n’est plus qu’un chaos boueux.
  Parallèles, comme des dents de peigne, les «  cavaliers » allongent leurs crêtes chargées d’épaisses couches de vase brunâtre. En certains endroits, cette épaisseur dépasse six mètres. C’est autant que les Marseillais  ne boiront pas ! Quatre cent mille mètres cubes de vases grignotés chaque année par la torrentielle Durance sur les flans des Alpes… et qui lui sont, à ce moment, restitués, pour le plus grand bien de la Camargue.De la Durance au Rhône et du Rhône à la mer, toute cette terre volée a fait maître l’île aux taureaux.

  Et ce qui est pris par le Canal de Marseille, après plusieurs mois de séjour, lui est rendu au cours de cet immense nettoyage d’Octobre.
  Au personnel fixe s’est adjoint une équipe de nombreux dévaseurs, venus des villages, des bourgs environnants : Cadenet, Rognes, La Roque-d’Antheron.. On les voit les uns avec leurs grandes bottes, arracher à grands coups de pelle des blocs de vase compacte que le courant des vannes charrie vers la sortie ; les autres, arc-boutés à deux ou trois à  des lances d’incendie, découper et décoller, grâce à la pression du jet, les épaisseurs accumulées. En tête, pataugeant à mi-cuisses dans cette boue lisse, les « traceurs » creusent entre les talus des cavaliers le passage. Travail épuisant qui durera encore une dizaine de jours.
  Après quoi, les radiers sont devenus propres, réparés et débarrassés des limons. Enfin, le bassin sera de nouveau rempli et le "père  Gandolfo" reprendra ce qu’il appelle son train-train quotidien.