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Bassin de Réaltor le délimonage

 Dévasement du  Bassin de Réaltor

RAPPORT :

            Le bassin de Réaltor  a commencé à fonctionner en 1862. En 1887, l'état d'envasement était déjà tel que celui-ci fut mis à l'étude.

            En juin de cette même année, un nommé M.  Jandin, Ingénieur des Arts et Manufactures, Entrepreneur à Lyon, n° 28 Rue Morand, désireux d'expérimenter un système de drague  qu'il avait inventé et dont il ne connaissait encore que le fonctionnement théorique, demanda à l'Administration, l'autorisation d'essayer ses appareils au bassin de Réaltor. M. Jandin stipulait que cette expérience ne coûterait absolument rien à la Ville, et qu'elle serait faite entièrement à ses frais, risques et périls. Cette autorisation ne fut pas accordée et le demandeur dût aller ailleurs faire l'essai de ses appareils. 

            L'Administration décida, après étude de la question, de procéder au dévasement par courant d'eau pendant l'hiver 1887-1888. Par ce système, 250 000 mètres cubes environ de vase furent évacués du bassin et envoyés dans l'Arc, ce qui amena de nombreuses plaintes des usagers de cette rivière et, outre des indemnités que l'Administration dut payer aux intéressés ; elle dût procéder au curage des canaux de la Fare et de Berre et des béals alimentant toutes les usines actionnées par les eaux de l'Arc en aval de Roquefavour. Elle dût aussi construire un déversoir à poutrelles dans le barrage de la propriété Couvé. A la suite de toutes ces réclamations, le dévasement fut suspendu.

            Avec le dévasement par courant d'eau, l'évacuation de la vase ne pouvait se faire que si le bassin était vide, ce qui était un gros inconvénient. Pendant l'opération, les eaux filaient directement sur la ville où elles devaient arriver plus ou moins propres.

            En mai 1894, M. Jandin qui, depuis 1887 avait expérimenté et mis au point son système de drague, fit une nouvelle proposition par laquelle il s'engageait à procéder au dévasement du bassin au prix de 0 Frs 50  le mètre cube de vase enlevée. Cette proposition ne fut pas acceptée et le bassin continua à s'envaser.

            En 1895, l'Administration voulut reprendre le dévasement par courant d'eau et, afin d'éviter l'envoi des vases dans l'Arc, un barrage fut construit sur le ruisseau de Réaltor au bas de la pépinière. Ce  barrage avait pour but de retenir les eaux chargées de vase. Cette dernière devait se tasser au fond du réservoir établi, et l'eau devait s'échapper décantée. De cette façon, aucune réclamation n'était à craindre de la part des usagers de l'Arc.

            Ce système bien compris en théorie, ne pût donner de bien grands résultats pratiques, vu le peu d'importance du réservoir formé par le barrage. Pour que les résultats fussent bons, il aurait fallu que les eaux boueuses soient déversées sur de grandes étendues de terrain, ce que ne possédait pas l'Administration.

 M. Billaud, propriétaire à l'époque du domaine de la Tour d'Arbois, mis au courant de l'expérience faite par l'Administration, proposa à cette dernière de lui céder environ 10 hectares de terrain en bordure du ruisseau de la Mérindolle au prix de 15 000 Frs l'hectare.

 Ce prix fut trouvé exagéré et le dévasement ne put être poursuivi.

Ce n'est qu'en 1912, que la question du dévasement fut reprise sérieusement. Le système de drague fut adopté et, le 5 mars 1913, les travaux d'une importance de 560 000 Frs environ étaient mis en adjudication.

  MM. Carcassonne frères furent déclarés adjudicataires, moyennant un rabais de 24% sur le prix du bordereau.

 Cette adjudication ne comprenait qu'une partie des travaux prévus pour le dévasement complet du bassin de Réaltor, ceux-ci devant être exécutés en plusieurs tranches. Elle fut approuvée par M. le Préfet, le 18 mars 1913.

 Le transport, le montage, ainsi que les essais du matériel nécessaire à l'entreprise, demanda assez de temps et, ce n'est que vers l'été 1914, que la drague qui existe encore put donner quelques rendements.

  La quantité de vase enlevée ne fut pas grande (38 000 m3 environ) car, le 2 Août, tout a été arrêté par suite de la déclaration de guerre.

            Depuis, le bassin a continué à s'envaser et, à l'heure actuelle, sa capacité qui devait être de deux millions de mètres cubes n'est plus que de cinq cent mille mètres cubes environ. Pour le mettre en état de bon fonctionnement, il y aurait donc lieu d'extraire un million cinq cent mille mètres cubes de vase.

                                                                 Réaltort, le 7 décembre 1923

                                                                 Le chef de section

                                                                Béranger

 

 Dimanche 4 mars 1888, les vases du bassin de Réaltor

Les vases du bassin de REALTOR , les eaux de la Durance, canalisées par la ville de Marseille, se dépouillent de leur vase dans le bassin de REALTOR, construit à cet effet et comme réservoir. Cette décantation a obligé l'Administration à effectuer,  à titre d'essai, le dévasement du bassin, en jetant dans la rivière de l'Arc les eaux troubles. Mais, n'ayant pas été d'accord avec les riverains pour la question des indemnités, elle va faire étudier un projet de canal souterrain par galeries, pour  déverser directement dans l'étang de Berre, les vases du bassin de Réaltor, sans les jeter dans l'Arc.

Jeudi 16 avril 1908

Le bassin de Réaltor

La question des eaux de Réaltor dont le Conseil Municipal de Marseille s'était déjà occupé l'année dernière, vient de faire l'objet d'un rapport de Mr Raoul Brion.

Le dévasement du Bassin de Réaltor s'impose, écrit Mr Brion, il date de 1860, a une superficie de 70 hectares et sa contenance théorique est d'environ 4 millions de mètres cubes. En réalité, il contient surtout à l'heure présente, 2.800 000 mètres cubes de vase. Il faut avoir vu cela pour le croire, la vase qui diminue ainsi la capacité du bassin des deux tiers à peu prés, atteint son maximum vers la partie Nord où son niveau est  à la côte 158 00, alors que le niveau maximum des eaux ne dépasse pas la côte 158 84.

En temps de chômage, on fait appel aux réserves de ce bassin, elles sont maigres en liquides, mais fertiles en émanations putrides. Donc, il est nécessaire de débarrasser l'immense bassin de ses vases, le tout on n'y peut songer, mais du moins une partie.

Nous lisons encore dans le rapport du Conseiller Municipal de Marseille, que les eaux d'alimentation de cette ville sont la cause des épidémies de typhoïde qui s'abattent sur la population.

L'eau du canal qui, avant l'entrée à Réaltor est riche de 100 bacilles par litre, en possède 1000 à son arrivée au bassin de Longchamp.

M. Brion proposa donc,  que le dévasement partiel du bassin de Réaltor, la filtration des eaux et leur stérilisation soient réalisés en même temps.