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Ponts et Aqueducs Amont

Aqueduc de la Jacourelle

jacourelle14.01.2012


Le pont aqueduc de la Jacourelle est composé de 9 arches de 6 m d’ouverture de plein cintre et d’une hauteur maximum de 21 m. Il a été commencé en 1841 et terminé en 1842. Pendant la belle saison de 1843, on exécuta dans la cuvette, un révêtement complet en bitume que l’on recouvrit d’une chemise en briques, ceci afin de préserver du contact de l’air quelques pierres de taille d’une nature plus tendre. On les enduisit d’une couche d’huile bouillante détrempée avec de la LITHARGE. L’exécution de cet ouvrage d’art a coûté environ 75 000 Frs.

 

INCIDENT DE

L’AQUEDUC DE LA JACOURELLE

 

Le lundi 09 juillet 1973 à 5h 20

 

L’aqueduc de la Jacourelle s’est effondré sur 60 mètres sur presque la totalité de sa longueur, entre la Roque d’Antheron et Charleval

50 Heures de travail ininterrompu

L’entreprise Gardiol

Pour la mise en place d’une énorme canalisation de béton (Bonna) de 2m50 de diamètre et de 100 mètres de long sur le tablier de l’aqueduc, l’essentiel de l’ouvrage n’ayant pas souffert de l’accident.

La cadence de la pose des tuyau sur l’aqueduc et de ¾ heure et il y à 30 à pose.

200 Ouvriers et une cinquantaine de techniciens et cadres.

3 Grues de 50 tonnes chacune avec des flèches de 25 à 30 mètres

1 bulldozer pour préparer les pistes et reprendre les accès,

Soit 1.500 m3 d’apport de remblais

10 Camions ont assuré des rotations continues

1 Compresseur de 120 CV.

1 Groupe électrogène fonctionnant jour et nuit

C’est un véritable exploit que viennent de réussir les spécialistes de la société des Eaux de Marseille

Le mercredi 11 juillet 1973 vers midi l’alimentation en eau revient progressivement à la normale.

Directeur du canal M. Pouzoulet

Ingénieur en chef M. Gaschignanrd

Ingénieur en chef adjoint M. Belon

Responsable de la régulation M. Ciano

La réparation du Pied-droit a été fait en 1999

 

 

 

Aqueduc de Valbonnette

 

Le pont aqueduc de Valbonette franchit le vallon de ce nom et se compose de 11 arches de 6 m d’ouverture en plein cintre, supportées par des piles de 2 m 50 d’épaisseur à leur partie supérieure. La hauteur totale de l’aqueduc depuis le fond de la vallée jusqu’au dessus du parapet est de 19 m environ. Il a été commencé en 1841 et fini en novembre 1842. Il a reçu dans la cuvette, en 1843, un revêtement en bitume qui, lui-même, a été recouvert d’une chemise en briques, et on a passé sur quelque pierre de taille un peu tendres, une couche d’huile bouillante mêlée avec de la litharge, ainsi qu’on l’avait pratiqué pour l’aqueduc de la Jacourelle. L’exécution de cet ouvrage d’art a coûté environ 82 000 Frs.

 

 

 

Aqueduc de Valmousse

lambesc valmousse 01

Ce pont aqueduc est composé de 14 arches de 8 m d’ouverture, de 27 m de hauteur, et d’une longueur de 200 m. Les piliers mesurent 2 m d’épaisseur aux naissances. Les travaux ont débuté en 1844 et se sont terminés en 1848.

 

Aqueduc de Roquefavour 

 viaduc de roquefavour.jpg002

La construction de l’aqueduc de Roquefavour a été commencée en 1839 avec un matériel valant 600 000 Frs. Pendant 7 ans 200 à 300 tailleurs de pierre, sont intervenus sur ce gigantesque chantier dont la hauteur est de 82 m 50, la longueur de 400 mm et la largeur de 13 m 60. A sa base celui-ci est entièrement construit en pierres de taille apportées des carrières qui l’avoisinent et qui servaient à la compagnie P.L.M. pour l’extraction des ballasts.


 

 Construction de l'aqueduc de Roquefavour

Plan des piles

 

 

 

 

Ouverture des arcades du 1 « rang....... 15.00

 

Ouverture des arcades du 2e rang..'.,.. 16.00

 

Ouverture des arcades du 3» rang 5.00construction de roquefavour 01.07.2012

 

Hauteur du 1 « rang 34.00

 

Hauteur d u 2e rang 34.90

 

Hauteur du 3" rang 13.50

 

Piles du 1er rang (rectangle circonscrit).. 7.20 X H. 10

 

Piles du 2= rang id 6.57X13.60

 

Piles du 30 rang id 5.80X10.20

 

Profondeur de la cuvette 2.25

 

Largeur de la cuvette au fond 2.15

 

Largeur de la cuvette au niveau plein.... 2.30.

L'usage du ciment et de la chaux hydraulique de Roquefort est très-répandu, non-seulement dans la Provence, mais même dans tout le midi de la France. Parmi les principaux travaux dans lesquels ces produits ont été employés, nous pouvons citer le canal de Marseille.

 

M. Arnaud (Étienne), qui, élevé dans la fabrication des produits céramiques, augmenta peu à. peu sa briqueterie établie à Saint-Henry (Marseille), perfectionnant chaque jour ses moyens de production. Aussi les grandes entreprises du canal de Marseille, du chemin de fer de la Méditerranée et de ses embranchements le trouvèrent prèt à satisfaire à. leur consommation. Il est surtout un produit dans lequel M. Arnaud (Étienne) s'est acquis une supériorité que les premières médailles aux expositions de Marseille, en 1861, et de Nimes, ont reconnue. C'est la tuile plate. Adoptée par la compagnie du chemin de l'er du Midi, elle en recouvre toutes les constructions jusqu'à Lyon, ainsi que sur les embranchements de Privas, de Carpentras et de Nice.

 

 construction de roquefavour

 

 

 

1847

On a employé pendant huit ans en moyenne, trois mille ouvriers par jour. L'aqueduc de Roquefavour a nécessité 50 000 m3 de pierres de taille ; il a fallu bâtir des maisons pour loger les ouvriers et y établir les bureaux.

 

 


Plan des carrières

 

 

 

 

                1879 Choix des pierres de ROQUEFAVOUR

 

Le choix de ces pierres de taille fut une opération difficile et délicate. Après avoir vainement exploré les massifs les plus proches, on eut beau se diriger sur les montagnes voisines, on n’obtint nulle part de résultat satisfaisant.

C’est sur le territoire de la commune de Velaux dans des carrières au Mont-Ribas et au Collet-Bourret, commune de Ventabren, section de Coudoux, que l’on trouva des matériaux d’excellente qualité et assez facilement exploitables, quoi qu’ils fussent distants d’environ six kilomètres.

Les chantiers d’extraction furent définitivement établis dans ces deux endroits.

 Nous ajouterons que, quarante ans après, on mit à découvert au Vallon des amandiers, des calcaires saccharoïdes susceptibles de recevoir un poli magnifique. Une Société anonyme s’est, dit-on, constituée à Paris, au capital de quatre à cinq millions , ayant pour but l’exploitation de ces pierres, désignées sous le nom de Marbres de Roquefavour. Un spécimen de ces marbres, consistant en trois cheminées simplement ouvragées a figuré au concours régional de Marseille.

 Les carrières de bonne pierre se trouve à 6 kilomètres. . Certaines pierres cubaient jusqu'à 6 mètres et pesaient 15 tonnes. Sur les piles, de fortes grues pouvant porter 15 tonnes. Le dépôts pouvant contenir jusqu'à 10,000 mètres cubes de pierre de taille. On élevait l'échafaudage au moyen de 4 crics, à mesure que 3 mètres de piles étaient construits. Montage des mortiers et moellons bruts par un plan incliné et une roue hydrauliqueDépense totale, 3,784.871 fr., dont : Pour terrassements, 228,217 fr.; Matériaux taillés, chaux et mortiers, 1,830,390 fr.; Maçonnerie, 649,406 fr.; Chevaux, entretien, surveillance, 132,656 fr.; Matériel, 839,455 fr.; Dépenses diverses et somme à valoir, 104,747 fr.; Prix, par mètre carré d'élévation, vides et pleins compris, 168 fr.


Faits Divers

Voici les accidents signalés, dans le courant du trimestre dernier. parmi la population ouvrière du Canal de Marseille : M. Negretto écrasé par un bloc de pierre à la carrière du Mont -Ribas. M. Urietti, le visage blessé par un éclat de mine. M. Roure, une jambe fracturée par la chute d'une pierre. M. Bernardo, écresé par un bloc. M. Vieura, la cuisse droite fracturée, mort à l'hospice de Lambesc. M. Nicelino,tué par le chute d'une pierre qui s'est détachée de la voute du puits N° 7; ce dernier évènement est sous la date du 24 du mois dernier

Une ordonnance du Roi, en date du 27 du mois de juin, a fixé au 22 juillet prochain la réunion des conseils d'arrondissements pour la première partie de leur session.

Nous apprenons à l'instant la fâcheuse nouvelle que huit ouvriers piémontais, travaillant à la carriere du Mont -Ribas, ont été écrasés par un gros rocher auquel ils travaillaient et qui s'est détaché tout à coup du terrain qui lui servait de point d'appui.

On s'est eùpressé de faire des fouilles pour retirer les corps de ces malheureux ; mais aucun n'a été retiré vivant, et tous étaient horriblement broyés.

 

 


 

   Les outils de Carrier

 

 

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Le matériel, machines hagards, charrettes, chevaux, tout cela ne figurait pas dans les devis. Cependant, bien des frais ont été consommés en ce genre. Une question se posait :"où en serons nous quand il faudra payer les machines à vapeur, les établir avec leurs accessoires de bâtiments de cheminée, de massif et de pompes d’épuisement ?".

 

Autre quediable ou crapaud04stion qui se posait :"que ferons nous lorsqu’il faudra faire rouler ces énormes blocs que l'on veut transporter en masse de la carrière de pont de Velaux à Roquefavour ? Quelles charrettes pour porter, sans écraser les chemins, des blocs dont un va presque à 15 mille kilogrammes 375 quintaux et un charroi pareil sur une lieue et en montant ? La carrière actuelle pour Roquefavour n’est pas en amont où la pente serait du moins venue en aide ! Il faudra monter jusqu'à Roquefavour, pour hisser de là-bas, les voussoirs jusque dans le voisinage de 80 m. Il y aura lieu de faire fonctionner plus d’une machine. En vain, dirait-on que ce matériel garde une grande partie de sa valeur : on ne fait pas des ouvrages pareils tous les jours et ce qui résistera à l’usure aura peu de chalands. Voilà donc encore ce pauvre devis poussant une nouvelle superfétation ! Le personnel ne présente pas une organisation fort rassurante, bien que les dépenses sur ce chapitre, soient aussi prodigieusement éloignées de ce que l’on nous annonçait.

 treuil noir et blancSi notre administration de Marseille est parfois grande et généreuse, parfois il lui prend des velléités parcimonieuses qui vont jusqu'à refuser l’indemnité méritée, repousser impitoyablement un misérable entrepreneur qui a perdu son argent en travaillant pour le public, où  choisi un simple piqueur à 1200 frs. Croirait-on que pour diriger l’ensemble des travaux souterrain, il n’y a pas un ingénieur des mines ?

 

 

 


 

 

Les tailleurs de pierres de Roquefavour

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 Vers la fin des années 1843, le front d’exploitation de la carrière du mont-Ribas présentait une longueur de 1500 m. La carrière du collet de bourret était exploitée sur 600 m de longueur, et on occupa pendant plus d’un an 300 tailleurs de pierres dans ces deux carrières.

Les pierres variaient de 5 cm en 5 cm depuis 0 m 60, jusqu'à 1 m 25 de hauteur.

On a même taillé et posé quelques pierres de 1 m 50 de hauteur d’assise.

 Quelques-unes cubaient jusqu'à 6 m et pesaient 15 000 kg.

 

 


 

Chanson sur Roquefavour

medaille roquefavour

 

 

LE CANAL DE MARSEILLE.

Air : Oui, j'en conviens, Gillette est bien jolie.

Décidément tu gagnes la partie :
Tes envieux sont réduits à quia ;
Fils de l'aride et vieille Massilie
Tu peux chanter enfin halleluia.
Le ciel a beau vouloir y mettre obstacle ;
Sur tes rocs nus, sur ton sable natal
Les oasis vont fleurir par miracle :
On t'a permis de creuser un canal.

Mais aujourd'hui que tout cadeau s'escompte,
Il faut payer des bienfaits aussi grands.
Tes magistrats ont déjà fait leur compte ;
Il est nourri : dix millions de francs !...
De tes riquets pour stimuler le zèle,
Cent mille écus enfleront le total.
Courage, allons! vide ton escarcelle :
On t'a permis de creuser un canal.

Dieux! quels gros choux ! quels navets ! quelles raves !
Dans ton terroir, immense potager !

Combien les fruits mûriront plus suaves,
Au riche Eden qui sera ton verger !
Mais ces trésors le luxe s'en empare ;
On les ravit à ton humble régal ;
Plus abondant, le fruit devient plus rare,
On t'a permis de creuser un canal.

Depuis vingt ans si ton heureuse ville
Pour ses travaux a faute d'ouvriers,
On y mettra bon ordre , sois tranquille :
L'on va créer usines par milliers....
Le paupérisme a gangrené la terre,
Sans t'imprimer son stigmate fatal ;
Plus tard, hélas ! fuiras-tu cet ulcère!
On t'a permis de creuser un canal.

L'édit du prince a commué ta peine:
Dorénavant de faim tu dois pâtir ;
Jadis la soif te mettait hors d'haleine;
Tu souffriras toujours, pauvre martyr !
Car chaque goutte en ton verre épanchée.
Payant la dîme au fisc municipal,
Te coûtera de pain une bouchée :
On t'a permis de creuser un canal.

Mais, diras-tu , ce tribut qu'on prélève,
Combien de temps ai-je à le supporter?

Puisqu'à mes frais le monument s'élève,

Me sera-t-il donné d'en profiter?

Oh! sur ce point que ton cœur se rassure :

Si le destin te préserve du mal,

En dix-neuf cent tu boiras de l'eau pure:

On t'a permis de creuser un canal.

Novembre 1838.

 

 

ROQUEFAVOUR

Le Cadet Roussel

 

     Nous parlions tantôt des poésies légères de M. Lepeytre ; à ce propos citons encore une autre jolie pièce, du même genre, qu’il composa en 1845 sous ce titre : Histoire du canal de la Durance

     Comme secrétaire-général de la Mairie, il avait apporté le tribut de son intelligente activité aux travaux de cette entreprise capitale qui a vivifié le territoire de Marseille,  teignant aussi la soif d’une ville où les gosiers se comptent par centaines de mille. Dans un banquet officiel qui eut lieu peu avant la fin des travaux, M. Lepeytre, au milieu des bravos et des rires approbatifs, chanta les couplets que voici :

                     Air de Cadet Roussel

          Messieurs, permettez-vous qu’ici

         Je vous fasse un petit récit

         Et du canal qui nous fait boire

         Que je vous raconte l’histoire ?

               Ah ! Ah ! Donc écoutez

              Et puis, au refrain, répétez.

 

         Notre Conseil municipal

         Voulut, un jour, faire un canal,

         Et chacun de dire à la ronde :

         Que l’eau coule pour tout le monde !

               Ah ! Ah ! C’est comme ça

             Que notre canal commença.

 

         Tout aussitôt vingt concurrents

         Offrent vingt projets différents,

         L’un va puiser à la Durance,

         L’autre au Verdon poursuit sa chance ;

               Ah ! Ah ! Pas de ruisseaux

               Dont on n’ait calibré des eaux.

 

         Entre Michel, Bazin, Séguin (1)

         Le Conseil flottait incertain,

         Plus on parle et moins on s’éclaire ;

         Bref on ne fait que de l’eau claire

               Ah ! Ah ! Ce qui revient

               A dire que l’on ne fait rien.

 

         C’est alors que se révéla

         L’esprit de monsieur Consolat (2)

         Une œuvre si belle et si grande,

         Dit-il, ne veut pas qu’on marchande

               Ah ! Ah ! Ces charlatans

               Nous feraient perdre trop de temps.

         Nous-mêmes faisons faire un plan

         Et ne le laissons pas en plan.

     -Que votre volonté soit faite

   Répond Clapier (3), La forte tête.

         Ah ! Ah ! Tout le Conseil

         Applaudit à ce bon conseil.

 

 -1-

  

         On vote, sans plus d’examen,

         Puis le ministre dit : Amen !

         Vite monsieur Legrand (4) envoie

         Quelqu’un pour ouvrir la voie

               Ah ! Ah ! Pour cet objet,

               Il fallait un fameux sujet.

 

         Ce fut l’habile Kermaingant ; (5)

         Cela nous allait comme un gant.

         Il faudra bien qu’il s’ingénie

         Car c’est un homme de génie.

               Ah ! Ah ! Je vous réponds

               Qu’il sait faire canaux et ponts.

 

         Mais Kermaingan ne veut marcher

         Qu’accompagné de Montricher.

         Soit ! Que Montricher l’accompagne.

         Montricher battra la campagne.

               Ah ! Ah ! Son fort jarret

               Tiendra tout le monde en arrêt.

 

         Le voila par monts et par vaux

         Préoccupé de ses travaux ;

         Il couvre le papier de lignes

         D’X d’Y grec et d’autres signes.

               Ah ! Ah ! Pareil début

               Annonce bien quel est son but.

 

         Il faudrait suivre Montricher

         Pour savoir comme il peut marcher,

         Des Cadeaux à la Durance

         Il fit vingt fois le tour de France.

               Ah ! Ah ! C’est qu’en courant

               Il défierait le juif-Errant.

 

         Keraingant après tout ceci

         Voit bien qu’il est trop ici ;

        Il part sans demander son reste.

         Qu’importe ! Montricher nous reste.

               Ah ! Ah ! Quand je vous dis

               Qu’à lui seul il compte pour dix !

 

         Des plans sont dressés, adoptés,

         Et, sur-le-champ. Exécutés.

         Toute une armée industrielle

         Se forme, à la voix qui l’appelle.

               Ah ! Ah ! Dieu soit loué !

               Le pic et la mine ont joué.

 

         Plus de deux mille travailleurs,

         Mineurs, terrassiers et tailleurs,

         Se mettent ensemble à la tâche

         Et la poursuivent sans relâche.

               Ah ! A ! Quel bacchanal !

               Quel bruit fait déjà le Canal !

 

-2-

            Que d’aqueducs, de souterrains,

           Rivaux des chefs-d’œuvre romains !

           Ici quelle montagneon crève ! (6)

           Là quelle Babel on élève ! (7)

               Ah ! Ah ! Sur ces travaux

               Le temps ébréchera sa faux !

 

         La ligne droite s’établit,

         Le Canal voit faire son lit.

         Courage !... bientôt il s’y jette.

         Amis, ce jour-là quelle fête !

               Ah ! Ah ! Combien d’échos

               L’avenir garde à nos bravos !

 

         On dit que pour être approuvé

         Le projet doit être achevé.

         Moi, j’anticipe sur l’éloge

         C’est une question d’horloge.

               Ah ! Ah ! L’autre saison

               Saura bien me donner raison.

          Oui, ce Canal inespéré

         Sera bientôt inauguré.

         Encore une petite année,

         La chose sera terminée.

             Ah ! Ah ! enne i ni.

             En quarante-six c’est fini.

 

         Alors nous nous réunirons

         Et tous ensemble nous boirons

         Trempant le vin de préférence

         D’eau qui nous vient de la Durance.

               Ah ! Ah ! Comme on boira

               Quand la rivière coulera !

 

La chanson se terminait par une série de toasts en couplet versifiés, comme les précédents, dans le style spirituel, coulant et de bonne humeur dont Panard et Désaugiers ont laissé les modèles. L’auteur chantait au 25me et dernier :

         Mais ce n’est pas une raison

         De vous ennuyer à foison

         J’abuse et ce n’est pas honnête ;

         Il faut qu’à la fin je m’arrête.

               Ah ! Ah ! Applaudissez

               Et cela voudra dire : Assez !

 

       Dans cette chanson on applaudit particulièrement les couplets qui mentionnaient les travaux de l’ingénieur Montricher, l’éminent exécuteur de l’entreprise «  préoccupé de ses travaux », vers qui faisait vraiment image, ainsi que le rappel des courses de l’ingénieur à Jambes de cerf, courses dans lesquelles le secrétaire-général l’accompagna plus d’une fois, ayant peine à le suivre, quoique lui-même fort ingambe.

      Une amitié étroite liait ces deux hommes d’élite, et quand la révolution de 1848 eut, momentanément écarté M. Lepeytre de l’administration après qu’il eut été nommé directeur de l’Octroi, Montricher lui confia la direction des bureaux du Canal. M. Lepeytre la garda jusqu’à terme de sa disgrâce imméritée et jusqu’à sa rentrée au secrétariat-général.

       Ce n’est pas seulement au badinage que se distinguait la muse de M. Lepeytre ; Les sujets sérieux et relevés l’inspiraient non moins poétiquement.

 -3-

 (1)Auteur des projets qui ne furent pas approuvé; à ces noms il faut ajouter celui de Garella. Antérieurement, au seizième siècle, Adam de Craponne avait projeté de dériver les eaux de la Durance en vue d’un canal de Provence, et, au dix-septième, Floquet avait formulé, dans le même sens, un projet qui reçut un commencement d’exécution.

  1. (2)Maire de Marseille à ce moment-là, et promoteur de cette grande entreprise. Sa propriété rurale à La Viste fut arrosée une des premières.
  2. (3)Habile avocat, conseiller municipal très-influent, député de notre département, ayant occupé souvent avec succès la tribune législative, ce qui l’avait fait surnommé: La plus grande des Bouches-du-Rhône.
  3. (4)Directeur général des ponts et chaussée, marié à Mile de Roux, fille d’un ancien député de Marseille et chef d’une des premières maisons de commerce du Midi.
  4. (5)Ingénieur renommé, mais recula devant les difficultés de l’entreprise.
  5. (6)Le canal passe par de nombreux souterrains.