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service des eaux

La Prise d'Eau de Pertuis

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 Plaque ayant appartenu à Mr PIERRE Perrier

(employé à la Prise de Pertuis)

 

LA DURANCE

Le canal de Marseille prend son origine sur la rive gauche
de la Durance, près du pont de Pertuis, à 210 m, de bauteur au-dessus du
niveau de la mer; la longueur totale du canal principal est de 84 .755m,87 .

 

 Marche de l'eau. — Les eaux de la Durance pénètrent dans le canal par sept ouvertures de 1 mètre de largeur sur 2 de hauteur. Des vannes en fonte sont destinées à régler la quantité de l'écoulement. Mais les caprices de la rivière mettent les vannes souvent en défaut en accumulant des graviers à leur base. Dans les premiers jours de ce mois de septembre, j'ai vu les sept vannes entièrement ouvertes, et elles ne débitaient pas le contingent qu'elles devaient.

pertuis  vannes 09.02.2012

 Il n'est peut-ètre aucune rivière, en France, qui mérite à meilleur titre que la DURANCE les épithètes de capricieuse et de folle qu'on lui donne dans toute la vallée qu'elle parcourt. En effet, non seulement les crues de cette rivière arrivent avec rapidité, mais encore les quantités d'eau transportées varient entre les limites les plus éloignées. C'est ainsi que le volume de ces eaux, qui s'abaisse quelquefois jusqu'à 60 mètres cubes pendant la saison de létiage, peut s'élever, dans l'espace de 24 heures, à celui de 2000 mètres et plus dans les fortes crues. On conçoit dès-lors, que l'établissement d'une prise d'eau du Canal de Marseille ne pût être commencé, sans qu'on eût fait préalablement et pendant longtemps des observations suivies sur le régime de la Durance. Ces observations, en effet, ont eu lieu chaque jour pendant quatre années consécutives, au moyen d'un Durançomètre sur lequel, un Garde spécial, venait lire trois fois par jour la hauteur des eaux. La liste de ces  hauteurs a été compulsée à l'expiration de ces quatre années, et on a reconnu ainsi que les eaux de la Durance n'ont été à leur étiage que pendant quatre jour, entre le 23 et le 26 octobre, qu'elles ont été de zéro à 0.10 au-dessus de l'étiage pendant 14 jours, de 0.10 à 0.20 pendant 34 jours, de 0.20 à 0.30 pendant 122 jours, et de 0.30 à 0.40 et au-dessus pendant 779 jours.

L'avant-projet soumis, à la fin de l'année 1841, à l'examen du Conseil Général des Ponts et Chaussées, avait placé la prise du Canal de Marseille un peu en amont du pont suspendu de Pertuis, sur la route départementale d'Aix à Pertuis. après avoir consulté les ingénieurs des Bouches-du-Rhône et de Vaucluse.pertuis

Ce conseil pensa  qu'au lieu placer la prise en amont du pont de Pertuis, il était préférable de la reporter un peu en aval, afin d'éviter tout prétexte de difficultés avec le concessionnaire de ce pont. Puis, sur les indications de la savante Assemblée, le projet définitif fut dressé en fixant la prise en aval du pont de Pertuis, avec des digues de défence de chaque côté, un seuil ou radier général ayant une largeur de sept mètres au couronnement et une inclinaison d'un mètre sur deux cents mètres, à partir de la rive droite et en plaçant contre la prise établie sur la rive gauche un pertuis d'écoulement de 40 mètres environ de largeur et d'un mètre et demi de profondeur maximum.

Les premiers travaux de la prise consistant en fouilles pour le radier, établissement de digues et déblais aux abords, furent commencés au mois d'Août 1843, et les maçonneries furent mises en train au mois de Septembre. Tout marchait convenablement, lorsque le 1er Novembre 1843, arriva une crue extraordinaire, inouie, qui emporta six ponts construits sur diverses routes, en des points différents de la DURANCE, et fit des ravages incalculables dans cette vallée.

Tous les chantiers furent à refaire, cependant, cette contrariété servit à démontrer, une fois de plus, la vérité de cet adage si connu. A QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON, car elle servit à indiquer, dès le commencement des travaux, quels étaient les ouvrages nécessaires pour protéger les abords de la prise.

Pendant les années 1844 et 1845, on construisit la plus grande partie du radier, on posa une petite machine à vapeur pour les épuisements, on établit deux maisons destinées aux Gardes et on éleva les digues entre le pont de Pertuis et la prise. Pendant les années 1845 et 1846, les travaux furent encore très contrariés par de nombreuses crues, dont la plus considérable arriva vers le mois d'Octobre 1846. Elle franchit l'obstacle que lui opposait la levée de la route départementale d'Aix à Pertuis, et vint se jeter dans le Canal en faisant une brèche sur la levée de la gauche.

Le Canal supporta très bien cet échec, seulement, dès que les eaux furent parties, on profita de l'expérience acquise pour construire en ce point une partie couverte afin de protéger à l'avenir le Canal contre l'éventualitéé d'une nouvelle inondation. Les eaux de la DURANCE, entrainées vers le pertuis d'écoulement par l'inclinaison du radier général, s'introduisent dans le Canal de Marseille par sept ouvertures de 1 mètre de largeur sur 2 mètres de hauteur.

Ces ouvertures sont fermées par des vannes en fonte, que l'on soulève à la hauteur nécessaire afin de laisser entrer dans le Canal le volume d'eau demandé pour les besoins du service. A la suite de ces ouvertures, se trouve une partie couverte, formée par un pont surbaissé, portant une plaque sur laquelle on lit cette inscription "CANAL de MARSEILLE" et dont on a sculpté la clé aux armes de cette ville.

En aval de la partie couverte, le Canal est construit à ciel ouvert, avec une largeur de 11 mètres à la cuvette, cette largeur diminue d'ailleurs d'une manière très sensible après la prise, de sorte qu'après environ cent mètres de développement, le Canal prend les dimensions normales que nous avons indiquées précédemment et qu'il conserve jusqu'à l'entrée du territoire de Marseille.

Il y a d'ailleurs, à deux kilomètres environ de la prise, deux déversoirs de fond et deux déversoirs de superficie à régler d'une manière définitive l'eau introduite dans le Canal. Les travaux de la prise étaient à peine achevés depuis un an, que déjà l'on pouvait juger de l'entrée de l'eau dans le Canal et de la facilité du flotage. Cependant, lorsqu'un peu plus tard, les eaux de la Durance arrivèrent à peu près à l'étiage ; on put remarquer que le pertuis d'écoulement était presque entièrement encombré de graviers et que la plus grande partie des eaux de la Durance, dont le niveau était relevé par ces graviers, passait par dessus le radier général, au lieu de suivre le pertuis d'écoulement de la rive gauche.

Il n'a pas été difficile de reconnaitre que cet état de choses provenait de ce que, lors des crues moyennes, le courant principal de la Durance, au lieu d'être dirigé parallèlement à la vallée et perpendiculairement au pont de Pertuis, partait au contraire de la culée gauche de ce pont et se dirigait avec violence sur la rive droite. Alors ces eaux chargées de limon et de graviers formaient des dépots sur la  rive gauche élevaient le niveau du fond de  la rivière jusqu'à celui de la partie droite du radier général et passaient près de la digue droite de la rive, en abandonnant la rive gauche et le pertuis d'écoulement.

Cependant, il a toujours été possible de mettre l'eau dans le Canal ; mais on n'a jamais pu éviter d'y introduire en même temps une certaine quantité de graviers, ce qui entraîne de fréquents curages et  beaucoup d'autres inconvénients ; mais le flottage a encore bien plus a souffrir de cet état de choses que le Canal lui-même. En effet, ce n'est qu'avec un grand danger que les radeaux peuvent se hasarder à franchir le barrage, et même, dans quelques cas, ce passage a été à peu près impossible. Il était donc indispensable de remédier à cet inconvénient soit dans l'intérêt du flottage, soit dans celui du Canal.


On pensa, vers la fin de l'année 1846, à adopter le moyen le moins dispendieux pour assurer le libre écoulement des eaux dans le pertuis ; c'eût été d'établir un épi partant de la pile du pont suspendu de Pertuis et dirigé sur la prise d'eau du Canal. Cet épi, qui aurait eu une longueur de 60 mètres environ, eût été élevé seulement à une hauteur de 1 m 25 au-dessus de l'étiage, de manière à ne pas gêner l'écoulement des eaux, lors des grandes crues. Dans les eaux moyennes, le courant principal se serait dirigé nécessairement vers le pertuis du radier général, et l'on eût été assuré de faire disparaître les dépôts de graviers accumulés sur la rive gauche, qui empêchent le flottage et qui s'introduisent dans le Canal avec l'eau, lorsqu'on ouvre les vannes de la prise.

Cette idée, à la fois très simple et très ingénieuse de la contruction d'un épi, quoique adoptée en principe par le Conseil Municipal de Marseille, ne fut pas mise en exécution pour des motifs qu'il serait hors de propos de développer dans un cadre aussi restreint que celui où nous nous renfermons aujourd'hui. Mais, comme le mal que l'on avait remarqué dès les premiers temps se perpétuait, on a placé sur le radier général un barrage mobile, destiné à exhausser les eaux et à les chasser du côté de la prise, lorsqu'elles sont un peu au-dessus de l'étiage.

Ce barrage mobile, uniquement formé de tirants en fer et de vannes en bois, est construit de manière à ne fonctionner que pendant les basses eaux. Lorsque la Durance n'est pas considérable, on relève toutes les vannes du barrage mobile en les fixant solidement sur le radier général au moyen de tirants en fer, et les eaux, ainsi gonflées par ce nouvel obstacle, se dirigent vers le pertuis de la prise et tendent à entraîner avec elles tout le gravier qui pourrait obstruer l'entrée du Canal. Lorsqu'à des signes à peu près certains on prévoit qu'une crue est sur le point d'arriver, on baisse toutes les vannes qui s'appliquent alors sur la maçonnerie du radier général, et les eaux de la  Durance passent sur tout le système sans éprouver aucun empêchement.

Toutefois, ce barrage mobile n'étant d'un bon emploi que pendant les basses eaux, les graves inconvénients de la dérivation des eaux pendant les crues, subsistaient toujours. Pour parer aux éventualités des fortes inondations, il a fallu décidément en arriver à l'emploi des grands principes, et l'on a reconnu qu'il était absolument nécessaire de procéder à l'endiguement de la DURANCE en amont du Pont de Pertuis sur environ cinq à six cents mètres de longueur, pour que le radier général remplît parfaitement le but qu'il devait atteindre, et depuis près de deux ans on a construit dans le territoire de Meyrargues, en amont du Pont de Pertuis, une digue puissante qui, après être entrée de près de 400 mètres dans le lit de la DURANCE, retourne vers le Pont de manière à diriger les eaux perpendiculairement à son axe, et sera même prolongée jusqu'à sa cullée gauche, si cela est nécessaire.

La construction de la prise du Canal de Marseille et de tous ces accessoires à coûté environ 630.000 Frs, y compris le premier kilomètre du Canal qui suit immédiatement la prise et sur lequel on a construit divers ouvrages d'art destinés à le préserver des invasions de la DURANCE et à régler la quantité d'eau introduite dans le Canal. Sur la somme que nous avons indiquée, les équipements sont entrés pour 40000 Frs environ, et les enrochements, soit pour les digues de défense, soit pour le radier général, ont coûté environ 90 000 Frs.

Dès qu'on a quitté la prise, on peut suivre le Canal, qui se développe sur une seule ligne droite d'environ trois kilomètres de longueur, et qui offre le coup-d'oeil le plus majestueux par la belle nappe d'eau qu'elle présente et par la régularité et la beauté des plantations faites sur les deux levées. le Canal arrose ensuite les belles plaines du Puy-Ste-Réparade, en suivant diverses  courbes, et arrive directement sur le village de St-Estève-de-Janson. Le tracé, naturellement indiqué par la situation du terrain, aurait dû traverser le village, mais, pour éviter les inconvénients de tout genre qui seraient résultés de cette traversée, le tracé a été un peu remonté dans l'exécution et on a dû percer le contrefort auquel est adossé le village de St-Estève. On rencontre ainsi le premier des 84 souterrains qui ont été exécutés sur la ligne principale et ses dérivations. Ce souterrain, ouvert dans une argile rouge, très-dure à exploiter, mais qui se délitait rapidement au contact de l'air, a nécessité l'emploi de boisages pour le soutien du sol, et près son percement, on a du revêtir en entier d'une voûte et de piédroits en maçonnerie, reposant sur un radier également maçonné. Ce souterrain a 81 m 15c de longueur et a couté environ 350 Frs par mètre courant.

 

  Nouvelle prise de la Durance                                       

La prise à été construite entre 1843 et 1846

 (dite ancienne prise) côte de restitution 186,25(côte NGF)                         Ancienne prise de la Durance

                      ancienne prise deau de la durance

nouvelle prise canal

  

 

 

                   

                                            

 

 

 

En 1963 le Canal de Marseille est réalimenté par l’usine hydroélectrique de Saint-Estève-Janson.
Son ainsi éliminées les difficultés liées à la recherche de l’eau dans le lit de la Durance, en
période d’étiage ainsi que les problèmes de protection de la prise en Durance lors de ses crues.
L’alimentation du Canal passe par une turbine ou par un déver
soir.

 Côte de restitution 184.00 (côte NGF)
Débit maxi de la turbine du groupe 4 15,118 M3/s
ancienne prise de pertuis
Puissance installée 5.000 KW

  Conduite forcée diamètre 2,50 m
Turbine à axe vertical 5.000 KW
Un groupe 333 t/m
Hauteur de chute nette moyenne 36,60 m

          Tension du groupe de départ 63 KV.

 

                                 

                                                                                                                                               

  Chefs de la prise: MM. Zotorides, Moinier, Boutin
 Eclusiers : MM. Compagnie, Pierre charles, Blanchard, Guichard Henri, Courous Klébert, Rollin
 Chauffeur: M. Bertolin gaston

Adjoint technique: M. Pierre perrier

Mécanicien : M. Pierre Hypolite dit Marius   

En 1940 le Chef de Section Mr. campagnie  fit construire un cours de tennis pour les occupants.

 Pendant le bombardement du pont de Pertuis qui enjambe la Durance, Mr Perrier et sa famille avait creusé une tranchée  afin de se mettre à l’abris lors des bombardements.
 
 Certains prisonniers ont travaillé au Canal de Marseille ils étaient logés au Château de la Trévaresse.