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                                             Les Serves

Les trois Serves principales sont placées sur les points culminants de la rue des Abeilles, du Boulevard du nord et du Boulevard de la Paix.

Les serves secondaires au nombre de 400 consistent en de simples bacs rectangulaires dans lesquels sont reglées les derniéres attributions des eaux.

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Les Unités de mesure 

LE DENIER


Dans les textes antérieurs au XIXème siècle, on trouve des appellations imagées mais incertaines et l’on dénommait suivant les cas, d’un pouce, d’un sol, d’un écu, DENIER.

serveD’emblée une remarque s’impose : toutes des dénominations font penser à un orifice circulaire. Or, lorsqu’en 1840 seulement, on officialisera une unité de débit, ce sera le DENIER qui sera choisi et qui sera défini comme étant la quantité d’eau traversant en 24 heures un orifice CRRE de 17 millimètre de côté (27) existant dans une mince plaque de cuivre sans pression d’eau en Amont ! Suivant l’importance de cette hauteur d’eau en Amont, le DENIER pouvait varier entre 9000 et 10 000 litres par 24 heures ;

Pour lever cette trop grosse approximation, cette trop grande différence, on admit une valeur moyenne de 9500 litres

Néanmoins ce manque d’exactitude était la cause que les concessionnaires d’un DENIER d’eau devaient payer des sommes différentes suivant que ce dernier était pris dans une SERVE principale ou dans une serve secondaire

C’est GROSE, Ingénieur en Chef du Département des Bouches-du-Rhône, qui après essais, avait fixé en 1802 la valeur du DENIER à 6 litres 585 d’eau par minute, mais comme indiqué plus haut, ce n’est qu’en 1840 qu’il sera officialisé par un Arrêté Municipal, des talons ronds et carrés seront fabriqués, ainsi que ceux des multiples et sous-multiples : sol, demi-denier ou liard.

Les eaux fournies par l'Aqueduc, sont réparties dans diverses caisses de distributon, appellées localement : SERVES. Ces serves consistent en un petit bassin affectant ordinairement la forme d'un carré long, divisé en deux parties sur sa longueur, par un diaphragme qu'on fait généralement en cuivre mince, et qui est percé d'un nombre d'orifices déterminés par la quantité d'eau à fournir.

Du côté d'amont de ce diaphragme, se trouve la conduite d'amenée des eaux qui dégorge soit par le fond de la serve, soit latéralement, suivant la disposition des lieux: du côté d'aval, se trouvent des  cloisons de division formées par d'autres plaques de métal dans lesquelles se répand l'eau fournie par les orifices, d'où ensuite cette eau tombe dans les conduites destinées à la porter aux diverses destinations.

On distingue parmi les serves, les serves principales et les serves secondaires, les premiéres sont celles qui reçoivent les eaux immédiatement et à niveau de l'Aqueduc, elles sont situées, la première en haut de la Rue des Abeilles, la seconde au haut du Bd des Trois Journées, la troisième en haut du Bd de la Paix. Les serves secondaires sont celles qui reçoivent les premières l'eau nécessaire pour les divers services, soit de la Ville, soit des  concessions particulières, elles sont au nombre de quatre cents environ, réparties sur la surface de  la Ville.

L'unité de messure pour la division des eaux est le DENIER, c'est un orifice rectangulaire de dix-sept millimètres de côté, percé en mince paroi et dont le débit est essentiellement variable, en raison de la charge d'eau plus ou moins forte que fournit l'Aqueduc.

Dans les serves principales où l'eau, quand elle est au maximum de hauteur dans l'Aqueduc, se maintient à 1 mètre 19 centimètres au-dessus du centre des orifices, les derniers débitent ordinairement de 20 à 25 mille litres d'eau par 24 heures. Dans les serves secondaires, où la charge d'eau n'est, au maximum, que de 6 centimètres sur le centre de l'orifices, le débit est à peu près dans la proportion de la charge, et il est ordinairement de 9 à 10 mille litres d'eau par 24 heures, aussi est-ce en raison de cette différence dans le résultat, qu'on a fait varier la côte des concessions particulières et que l'Arrêt du Conseil d'Etat du Roi du 25 mai 1766, en réglementant le service des Eaux et le tarif pour la Ville de Marseille, a équitablement fixé à 300 francs d'achat primitif et 30 francs de redevance annuelle, le prix d'un denier dans une serve principale, et à 200 francs d'achat primitif et 20 francs de redevance annuelle, le prix d'un denier dans une serve secondaire.

Du reste, la Ville ne s'engage nullement vis-à-vis des concessionnaires, à fournir à ceux -ci le nombre déterminé d'hectolitres d'eau par 24 heures, elle leur donne seulement un orifice d'une dimension connue qui est le denier, et ils subissent ensuite la chance d'une charge plus ou moins forte, cette chance peut varier depuis le maximum de charge dont il a été parlé, jusqu'à zéro où soit à l'orifice seulement plein, ce qui est en général la condition la plus défavorable.

Il faut, pour que l'eau de la Ville atteigne, soit dans les serves principales, soit dans les serves secondaires, ce maximum de hauteur de charge, que la  quantité d'eau fournie soit par l'Huveaune seule, soit par l'Huveaune et le Jarret concurremment, procure à l'Aqueduc un débit d'environ un dixième de mètre cube par seconde, et c'est le régime en hiver. Au contraire, les ressources de la Ville se reduisent au cinquième environ de ce  volume d'eau, c'est donc à peu près mille deniers d'eau au maximum et deux cents au maximum, en comptant le denier à neuf mille cinq cents litres d'eau par vingt heures, appréciation généralement admise  à Marseille.