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blason de marseille3)  Or De Cepède meurt, sans avoir réussi en 1671 . Sa veuve et héritière, voulant se dégager de ce guêpier , signe avec les Consuls une transaction en octobre 1620 mettant fin au contrat de 1599.

 En somme, De Cepède avait vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué ; cette affaire fut malheureuse pour la Ville qui manqua d'eau pendant un certain temps et pour De Cepede qui s'y ruina. La population marseillaise était d'environ 45 000 habitants.

 Entre 1637 et 1645, construction d'une maisonnette sur la prise d'eau du béal et établissement d'un gardien sur un terrain de 2 carterées situées à la Pomme et achetées à la ville.

 En 1642, sentence arbitrale définissant l'ouverture de la prise : 277 x 250 millimètres dans une plaque de bronze située à 125 millimètre au-dessus du sol du béal net et curé.

 En 1651, établissement d'un garde pour surveiller, cette fois, la prise du Jarret.

 En 1662, le 6 mai achat par la Ville au Sieur François Chrestien d'une propriété joignant l'Aqueduc près de la Porte d'Aix et, où elle a fait établir une citerne pour l'alimentation des eaux publiques ; je pense que c'est de l'Osede dont parle Duprat, qu'il s'agit appelée ultérieurement Bassin des Présentines d'environ 100 mètres cubes. Ce sera la caisse à eau de la vieille Ville ( Martel Reison).

 Après l'agrandissement de 1666, les arcades de l'Aqueduc seront dorénavant à l'intérieur des nouvelles murailles, donc moins vulnérables qu'auparavant en cas de siège. L'Aqueduc arrivera en souterrain prés de la nouvelle porte. Bernard Dubois, suivra la rue et émergera à l'air libre à l'impasse du même nom (Actuellement Tancrède Martel) un peu avant la Rue d'Aix. C'est du tronçon souterrain décrit ci-dessus que partiront ultérieurement les dérivations destinées à alimenter les nouveaux quartiers de l'agrandissement.

 En Novembre 1694, ordonnance de l'intendant enjoignant aux communautés jouissant des eaux publiques de déclarer le volume d'eau qu'elles utilisent, afin de les taxer en proportion, ce qui se traduira par un arrêt du Conseil du Roi du 19 mai 1695 imposant la Ville de Marseille pour 52 030 livres, moyennant quoi, celle-ci sera maintenue dans la jouissance des eaux des rivières, ruisseaux et sources de son territoire.

 Le 28 août 1699, ordonnance des échevins prescrivant des mesures contre ceux qui jettent, chaux, drogues et autres pour tuer les poissons de l'Huveaune afin de les avoir avec plus de facilité. De plus, cela a causé divers maux aux bêtes qui s'abreuvent et à la santé des habitants.

 En 1700, l'intendant Lebret annule toutes les concessions d'eau pour essayer de remettre de l'ordre dans le système, notamment celle de Ruffi, qui lui avait été accordée comme récompense pour son histoire de Marseille.

 En 1703, la Ville achète la source dénommée Pousaraque à son propriétaire Didier Curiol, afin d'en faire bénéficier le quartier qui va être construit autour des Allées de Meilhan et des Capucines ; une galerie rejoindra celle alimentant la source du Grand puits.

 En 1705, autre ordonnance de police portant défense de laver du linge dans les abreuvoirs des  fontaines mais par contre, tolérance pour les lavandière de laver leur linge au Jarret, sauf près de la prise d'eau de la Ville.

 En 1732, l'ancienne et 1ère prise d'eau de l'Huveaune inutilisable depuis les travaux de Cépede au début du siècle précèdent, est débouchée, réparée et remise en service, ce qui fera 2 prises en usage.

 En 1748, ordonnance de l'intendant qui prescrit aux propriétaires riverains du Jarret de faire arracher les arbres qu'ils ont planté le long de ce ruisseau et, de détruire les ouvrages qui y ont été fait indûment.

 Le 25 mai 1766, le Conseil du Roi autorisera les échevins à faire payer annuellement les usagers des eaux publiques ; il fixera le prix de la concession et de la  redevance annuelle pour les fontaines des particuliers alimentés par ces eaux. Aussi, les échevins ordonnèrent le recensement des titres des concessionnaires et en 1775 seulement parut un état indicatif des futurs redevables, mais on en resta là : les concessions continuèrent à être gratuites.

  En 177-79, frictions entre la Ville et les officiers du Fort St-Jean et quelques années plus tard autres frictions avec le chapitre St-Victor au sujet des eaux.

 En Août 1783, le parlement de Provence autorise la Ville à faire dériver dans l'Aqueduc la totalité des eaux du petit béal de la Pomme, acheté l'année précédente ; c'était ainsi la 3ère prise d'eau sur l'Huveaune car les années 1783 et 84 furent d'une grande sécheresse.

 Quelques années plus tard nous sommes en 1789, où la population est estimée à 120 000 habitants.

 Sous la révolution, peu ou pas d'entretien de l'Aqueduc mais de nombreux arrêtés municipaux s'efforçant de réglementer la question, sans y parvenir mieux que sous le régime politique précèdent. La situation troublée qui va durer pendant la dernière décennie du XVIIIe siècle ne pouvait pas améliorer l'état de choses existant, bien au contraire.

 Pour résumer cette époque qui s'achève on peut dire que du XII au XVIII siècle la politique des eaux publiques à Marseille est une politique au coup par coup, au jour le jour. Pas de service d'entretien organisé : les fontainiers qui s'en occupaient étaient des artisans, des partisans privés que la Ville embauchait suivant les besoins ; chaque fois qu'elle le pouvait, celle-ci donnait des avantages en nature( concession gratuite) plutôt que les payer en espèces, de temps en temps elle essayait de faire participer des particuliers jouissant des eaux publiques aux dépenses de réparation et d'entretien des Aqueducs, sans grand succès, semble t'il .

 Les fontaines favorisant ceux qui payaient, au détriment de la collectivité, qui souffrait également des nombreuses prises clandestines, détournant les eaux de leur destination normale au profit de certains riverains sans scrupules. Il y a eu un, puis deux, puis quatre fontainiers depuis 1471 jusqu'à la fin de l'ancien régime, où la Ville disposera de plus de 100 fontaines dont un peu moins de la moitié à usage du public.

 Sur les gravures antérieures à l'agrandissement de Louis XIV, on voit nettement les arcades de l'Aqueduc arrivant perpendiculairement aux murailles prés de la Porte d'Aix puis plus rien, l'Aqueduc devenant souterrain ainsi que l'Osède bassin dont parle Duprat suivi de G. Martel Reison, les lois de l'hydraulique  voulaient en effet qu'il y eut en cet endroit, bien placé par rapport à la vieille Ville, un bassin distributeur et accessoirement de décantation, puisque les eaux de source recueillies entre le XIII et le XVI siècle étaient en principe relativement pures lorsque la Ville achètera le 6 mai 1662 au sieur François Chrestien une propriété joignant les  Aqueducs prés la Porte d'Aix et où la Ville a fait établir une citerne pour l'alimentation des eaux publiques. Ce ne peut être que le terrain où était le bassin de l'Osède qui va s'appeler dorénavant le Bassin des Présentines et dont les chiffres de Melquion nous indiquent que sa capacité utile était d'environ 100 mètres cubes, suffisante au XIII siècle (10 000 habitants ?)  mais insuffisante aux XVII et XVIII siècle.

 Pour une cité passant de 65 000 âmes environ en 1670 à 12 000 environ en 1789, il y avait bien des petits bassins, ainsi que la Serve dite la Bourgogne sur les prises de la Pomme, mais ils servaient plutôt  de bassins de décantation que de bassins de réserve. A partir de louis XVV, le pouvoir centralisateur se fait sentir, on constate qu'il y a de plus en plus d'ordonnances de l'intendant relatives à des affaires qui auraient pu être traitées à l'échelon municipal. Des canalisations spéciales, construites et entretenues aux frais du Roi alimenteront le nouvel arsenal des Galères qui auront priorité lors de menaces de guerre.

 Enfin, le Conseil de Ville aurait pu en 1695 et surtout en 1766, faire payer les concessionnaires, mesure de justice ; mais on a vu qu'il n'en a rien été, la Ville n'avait peut-être pas la volonté, sinon les moyens de remédier à l'état de choses existant ; il faudra attendre 1801 pour que l'on applique enfin l'arrêté de 1766.

 Ceci sera une des améliorations que le XIX siècle apportera à l'ancien système, améliorations malheureusement insuffisantes. Ce système était dépassé et appelait des changements radicaux qui n'interviendront qu'avec le nouveau Canal de Marseille.

 Nota :

 Exemple des abus relatifs aux eaux en 1640, la Ville donne à un sieur De Felix la jouissance d'un petit doigt d'eau pour son jardin situé prés de la Porte de la Franche, à prendre à l'Aqueduc, en contrepartie des travaux qu'il avait financés à la place de la Ville, qui manquait d'argent, relatifs à la conduite et à la fontaine Vivaux.

 En 1807, les héritiers de De Felix réclament à celle-ci 23 deniers 1 4 (plus de 200 000 litres par 24 heures !) d'où procès.

 Cette partie de mon travail l'est surtout basée sur la documentation  provenant  du dépouillement de nombreuses feuilles manuscrites contenues dans les boites carton, référence 620 aux archives communales. La plupart de ces feuilles se rapportent à des Procès Verbaux, des accommodements, des chicanes, des procès car il n'y avait pas assez d'eau pour tout le monde d'où Arrêtés Municipaux et Préfectoraux sans nombre, toujours peu ou pas respectés et, par suite, contestation à l'infini. Un fil conducteur nous est donné par Melquion, Inspecteur au Service des Eaux de Marseille.

 Melquion a écrit en 1882, un ouvrage, faisant autorité, sur l'Aqueduc de l'Huveaune qu'il a visité systématiquement de 1870 à 1880 pour son travail. Il nous écrit en préambule les difficultés de son service à cause de la fréquence des différends graves qui s'élevaient et se renouvelaient sans cesse entre l'administration et les propriétaires, d'où les difficultés qui existaient pour les juger en pleine connaissance de cause, pour manque de plans, titres et documents authentiques.

 Des nombreux abus, dans la manœuvre des eaux, que les fontainiers des particuliers seuls connaissaient et qui suivant leurs propres intérêts, réglaient la distribution  au profil de certains, donc au détriment des autres. Il était  impossible de réprimer ces abus, faute d'une connaissance suffisante de la  distribution des  eaux et des litres de concession d'où :

 Réclamations sans nombre adressées aux bureaux responsables. Je ne m'étendrai pas, au cours des paragraphes suivants, sur les circonstances de la construction du nouveau Canal de Marseille, suffisamment connues ; je me contenterai de donner seulement quelques détails s'y rapportant.

 Le début du XIX siècle voit s'établir un nouveau gouvernement fort, le Consulat de Bonaparte, et une nouvelle administration mieux structurée avec, à la  tête de la Ville et du département, un homme, Charles Delacroix, qui va remettre de l'ordre dans l'anarchie et, le laisser-aller hérité de la révolution, tout en étant estimé et même aimé de ses administrés.

 En ce qui concerne notre sujet, il va commencer par faire appliquer l'arrêt du Conseil du Roi de 1766 à partir de 1801, c'est-à-dire enregistrer les nouvelles concessions payantes et en même temps vérifier les litres des anciennes concessions, toutes gratuites, je le répète.

 Les nouvelles concessions payantes seront enregistrées jusqu'au 4 octobre 1833 au nombre de 785, plus une, en 1834 et une dernière en 1835 soit 787 en tout.

 La même année 1801, un arrêté préfectoral fixe le profit théorique du Jarret : 24 mètres de largeur à la surface du sol, talus inclinés à 45° et autres prescriptions... Les propriétaires riverains ne pourront construire les murs de leur propriété sans autorisation et ne pourront planter des arbres ou arbustes le long des rives... rappel de l'ordonnance de 1748 enjoignant d'arracher des arbres.

   C'est par l'arrêté du 11 Avril 1801, que Delacroix autorise la construction d'une canalisation partant du quartier Bernard Dubois et destinée à alimenter 9 propriétés et savonneries situées aux environs de la Corderie, ainsi que les nouvelles fontaines Bonaparte et Monthyon ; les frais seront supportés par les concessionnaires au prorata de la quantité d'eau qu'il recevront.

 En 1809, 1810, 1818 et 1820, arrêtés similaires pris en vue de la desserte des nouveaux quartiers autour de Rive Neuve. Le recensement de 1801 nous indique une population de 102219 habitants. Le 22 mars 1802, il paraît un arrêté concernant la Direction des Fontaines Publiques Aqueducs, conduites publiques et particulières regards et déversoirs des eaux de la Commune. Cet arrêté réorganise le Service des Eaux ; il crée notamment un Inspecteur des Travaux Hydraulique chef de ce Service, et indique les attributions, rémunérations et devoirs des 8 fontainiers de Marseille.  Deux par arrondissement plus un 9ème spécialement attaché au Lazaret et aux hospices civils. Cette nouvelle organisation, plus rationnelle et plus étoffée que la précédente représente un progrès par rapport à celle-ci.

 En Septembre 1802, autre arrêté préfectoral, stipulant que chaque ayant droit riverain de l'Huveaune devra mettre à ses frais une bande de fer et un cadenas à chaque vanne qui ne sera ouverte qu'à l'heure indiquée par le Garde des Eaux seul possesseur des clefs des cadenas.

 . Autre arrêté du successeur de Delacroix, Thibaudeau, du 10 février 1805 complétant celui de mars 1802 en créant un poste d'entrepreneur chargé de l'entretien des Aqueducs et conduites de la Ville ainsi que la confection  des ouvrages hydrauliques au compte de la Commune.

 Il sera sous la surveillance immédiate de l'Inspecteur des Fontaines de la Ville, chez lequel il se rendra tous les jours à 5 heures du soir pour y recevoir ses ordres. Il tiendra exactement et solidement fermés tous les regards, prises.. des conduites publiques dont il aura les clefs qui seront différentes de celles des regards et prises des particuliers qui devront les faire et les entretenir à leurs frais..